Je suis NON, un artiste peintre lyonnais inspiré par la peinture réaliste et hyperréaliste. Ma démarche artistique prend départ dans un regard, une intention, souvent érotique. 

 

Je commence par penser à une scène ou une posture puis, je propose à des personnes de poser pour que je puisse la photographier. C’est un acte que je qualifierais de pré-pictural car, déjà à ce moment-là et jusqu'à ce que je commence à peindre, la toile est presque entièrement remplie à mes yeux.

 

Mes photographies me servent ensuite de repère visuel et m’aident à me projeter avec entrain dans l’acte pictural. 

 

J’apprécie le fait de m’exercer à donner un aspect photographique à mes peintures. Je trouve que ce procédé leur donne une perspective et une force particulière, parfois à la limite du surréalisme. 

 

Dans un premier temps, j’ai comme ambition d’exposer dans quelques lieux (galeries, bars, restaurants,…). Ça me permet avant tout de donner de la visibilité à mon travail et de densifier mon réseau. 

 

Et pour la suite, j’aimerais créer et m’investir dans un lieu d’interactions culturelles. J’aimerais proposer un atelier/galerie dans lequel je pourrais exercer mes passions, exposer et proposer des collaborations avec d’autres artistes ou artisans. Ce serait un lieu d’expression libre où je pourrais laisser exploser ma créativité sans trop de limites, un terrain fertile pour les créatifs. 

C'est qui 'Non?

NON, c'est le pseudonyme sous lequel j'ai choisi de me cacher pour partager mes différentes expériences artistiques.

Pourquoi NON ? 

Parce qu'en réalité, je m'appelle Antoine Guihéneuf. Et rares sont les personnes qui n'écorchent pas mon nom. Je crois que ce sera plus difficile d'écorcher mon NON. 

 

Pourquoi pas OUI ?

Pour la symétrie du mot. N - O - N. 

 

Ah ouais ?

Non... Au début j'avais trouvé "SNOOZ" en tant que pseudo, en référence à la touche SNOOZE des radio-réveil sur laquelle on appuie insatiablement pour se rendormir encore quelques minutes lorsque les matins sont douloureux.  J'ai tenté des dizaines d'esquisses pour trouver un logo. Les deux "O" étaient compliqués à placer sans faire de plagia, sans m'enfoncer dans des clichés comme le signe de l'infini (∞) par exemple.  À force de tenter des logos, j'ai fini par supprimer des lettres jusqu'à n'en garder que trois: NOO... Encore ce foutu double "O". Mais le deuxième "O" finira par se transformer en "N" pour faire NON. Ça y'est ! J'ai trouvé un pseudo qui se veut original, sans l'être vraiment. C'est parfait. Et puis ça se retient facilement, NON ? 

 

Merci pour cette explication très précise. 

Enchaînons. 

 

Ok. Quel est ton parcours ?

Je suis diplômé d'un baccalauréat en Sciences et Techniques de l'Ingénieur (STI), génie électrotechnique en 2011. À partir de ce moment, je sais donc changer une ampoule et fabriquer une lampe de bureau avec un robinet, par exemple; ce qui est très pratique.  Ensuite, je poursuis mes études en Arts Plastiques, à l'université Jean Monnet, à Saint-Étienne. Pendant ma licence, je choisis l'option Design de produit. Les autres cours: peinture, dessin, photo, scénographie, sciences de l'art, sémantique, histoire de l'art, esthétique,... Ce sont des années d'expérimentation. Je me fais pleins d'amis, on bois beaucoup, on sèche quelques cours magistraux, on fait des nuits blanches à base de cafés-cigarettes pour rendre un projet le lendemain. Je vous passe les détails de ces années de fac, mais j'ai vécu de grands moments. 

 

Pour ma première année de Master je décide de partir en Erasmus, à Salamanque.  La Universidad de Bellas Artes de Salamanca... Magnifique. Des grands hangars désaffectés, remplis de tags, réhabilités pour les cours de peinture et de sérigraphie.  Y sont interposés des centaines de chevalets, des grandes presses mécaniques à l'ancienne, des gens nus qui posent pour les élèves. On peut acheter des canettes de bière à la cafétéria et le prof de peinture fume en cours alors on ne se gène pas pour faire pareil que lui.

Je profite de cette année en Espagne pour apprendre la langue, acheter pleins de trucs qui ne coûtent pas cher là-bas, faire des rencontres, visiter le Portugal. Je me lance aussi dans l'artisanat. Je fabrique des meubles à partir de matériaux de récupération (palettes, tiroirs de vieux meubles,...). J'achète des vêtements en brocante, je les découpe pour en récupérer le tissu et je couds des trousses, des sacs, des écharpes, des porte-monnaie. Je vends mes créations dans la rue ou dans des marchés. 

 

À mon retour à Saint-Étienne pour la deuxième année de Master, je me retrouve confronté à une autre atmosphère, beaucoup plus conventionnelle. Il faut écrire un mémoire, et les cours sont très théoriques, basés sur le conceptuel, la perpétuelle recherche d'une démarche. J'ai du retard, ma directrice de mémoire part en congé maternité, j'ai des petits problèmes de santé, je perds ma motivation. Le sujet que j'ai choisi pour mon mémoire est complexe ("Érotisme sans chair et mécanisme de la sublimation")... J'échoue, j'arrête tout. Je veux repartir sur de nouvelles bases.  Je me ré-installe sur Lyon, je revois mes amis et rencontre de nouvelles têtes. 

 

Aujourd'hui je décide, dans un élan de motivation et d'envie profonde, je monte mon statut d'artiste peintre et je crée mon site web dans lequel je peux répertorier mes créations, tenir à jour - tant bien que mal - mes profils dans les réseaux sociaux,... Parce que c'est triste mais... t'es qui aujourd'hui si t'as pas un compte Instagram ? 

On peut dire que tu es devenu bobo ?

Oui je ressens déjà quelques symptômes. Je bois du café issu du commerce équitable, je cuisine, je participe à des apéro-dinatoires, je suis contre les tampons - je suis pro-cup -, j'écoute France Inter, j'achète des œufs Label rouge, je vais dans des bars associatifs et j'ai attendu la fin du Black Friday pour acheter mon Macbook Pro, juste par conviction. Puis je suis tombé dans un rayon où tout était à -50%, j'ai craqué et j'ai acheté des chaussettes en cachemire, un kit de serviettes 100% coton bio, un...

 

Merci, on a compris. Sinon, as-tu des projets ? 

Oui, beaucoup... Trop.  Mais j'en ai un en tête de gondole: J'aimerais ouvrir une structure avec un atelier couplé d'un show room (la boboïtude de cette expression...) dans lequel je pourrais exposer et vendre mes créations artistiques et artisanales. Le tout dans une démarche d'échange, de dialogue, de transmission de connaissances et d'éco-responsabilité. Il y a encore du travail et de longues années de labeur devant moi! Et tant mieux, me direz-vous. 

 

Un mot de la fin ?

NON.

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